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Travailleurs bangladais : court-circuiter les intermédiaires

Entre les 22 000 travailleurs bangladais et ceux qui les emploient, il existe plusieurs intermédiaires locaux qui profitent d’un système qui n’est pas réglementé. À la suite de plusieurs dénonciations tant locales qu’internationales, le ministère du Travail a décidé de prendre le taureau par les cornes. Mais il se heurte à une farouche résistance d’un réseau mafieux regroupant ces recruteurs et intermédiaires locaux.

Le ministre du Travail, Soodesh Callichurn, a fait une déposition au CCID, le lundi 18 janvier, pour dénoncer ce «chantage» qui, selon lui, aurait pour objectif de l’empêcher de mettre un frein «au véritable trafic humain que représente l’importation des travailleurs du Bangladesh à Maurice».

Dans sa plainte au CCID, Soodesh Callichurn avance que c’est l’enquête de son ministère sur de faux agents recruteurs qui a mené à cette campagne de dénigrement contre sa personne. «Souvent lorsque des travailleurs étrangers viennent porter plainte, nous découvrons qu’ils ont été recrutés par de faux agents. Des fois, certains HR Managers sont de mèche avec ces agents recruteurs. Tous ces cas sont alors référés à la police», explique le ministre, qui a confié qu’il ne compte nullement reculer face aux tentatives d’intimidation.

Changements dans le recrutement d’ouvriers étrangers

Dans la foulée, le ministre annonce plusieurs changements dans le recrutement d’ouvriers étrangers en général et des Bangladais en particulier (car ces derniers sont les principales victimes du trafic humain). Le ministère du Travail songe notamment à des accords entre gouvernements, pour court-circuiter les intermédiaires véreux, entre Maurice et le Bangladesh, comme c’est le cas déjà pour l’Inde et la Chine.

«Cela dit, on n’est pas en train d’encourager les travailleurs étrangers dans le pays. Aussi longtemps que le besoin se fera sentir, on va en importer. Mais, en parallèle, on est aussi en train de faire de la formation afin que des Mauriciens puissent travailler là où il y a un manque de main-d’oeuvre», déclare Soodesh Callichurn. Pour ce dernier, il faudrait aussi que les employeurs fassent un effort en revoyant à la hausse les salaires et en mettant en place des mesures incitatives pour les Mauriciens.

«Bizin paye minis…»

À quel ministre devrait-on donner de l’argent comme évoqué dans une bande sonore dont le sujet de conversation est le recrutement d’ouvriers étrangers? Cette affaire concerne les huit travailleurs bangladais qui avaient récemment dominé l’actualité car ils n’avaient pas obtenu leur salaire depuis deux mois.

L’express est en présence de cette bande sonore dans laquelle une voix, qui semble être celle de l’ancien employeur de ces ouvriers, Shaheer Gaungoo, déclare: «Bizin paye minis… Pu gagn sa lentré la, bizin donn sa. Ou pa pu doné, la port pu fermé.» Il s’adressait vraisemblablement à l’agent recruteur Reshmi Devi Raghoobeer. Et tout porte à croire que le ministre en question est Soodesh Callichurn.

Celui qui semble être le patron de l’Empire Professional Limited dans la bande-son réclame environ 3 500 euros à Reshmi Devi Raghoobeer. Somme qui serait destinée au «ministre». Interrogé Shaheer Gaungoo réplique: «Je me dissocie de cette bande sonore.» Mais une confirmation viendra de Reshmi Devi Raghoobeer. Celle-ci affirme qu’il a bien été question de ce ministre.

Reshmi Devi Raghoobeer soutient que cela fait 15 ans qu’elle exerce le métier d’agent recruteur. Or, au ministère du Travail, l’on fait ressortir qu’elle ne détient pas de permis pour ce faire. D’ailleurs, une enquête a été initiée sur elle suite aux propos tenus par Shaheer Gaungoo à l’effet que Reshmi Devi Raghoobeer lui devait la somme de près de 17 750 euros et qu’elle aurait également berné les huit Bangladais.

Ces derniers devaient être employés comme maçons mais selon leur ancien employeur, ils n’avaient aucune expérience dans ce domaine. Affaire à suivre.

Lexpress.mu

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