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Relance de la filière miel

Le réseau AFDI intervient dans 15 pays. À Madagascar, 11 projets territoriaux sont concernés dont
un encadré par le réseau AFDI Haute-Savoie qui accompagne le développement de la filière apicole
sur la côte Est (région de Manakara).

Parallèlement aux actions sur le terrain entamées en 1998, l’AFDI Haute-Savoie a exercé des actions de lobbying auprès de l’Union Européenne afin que le miel, produit d’origine animale, puisse être admis sur le territoire de l’U.E (depuis août 97, les produits carnés et d’origine animale sont frappés d’embargo à destination de l’U.E). Cet objectif incontournable atteint, il a été alors possible de structurer la filière : identification des ruchers (traçabilité), construction d’une miellerie aux normes, formation des apiculteurs et sensibilisation à l’intérêt de travailler au sein d’une coopérative.

L’exportation est devenue une réalité

La coopérative du bon miel des sept embouchures (KTTF – Kaoperativan’ny Tsara Tantely Fitovinany) a été créée dès 2009 avec pour objectif, à terme, l’exportation. La miellerie avait vu le jour en 2011. En novembre 2012, les premiers 800kg de miel ont été écoulés grâce à un partenariat avec un acteur local, Codal s.a. En avril 2014 a eu lieu la première exportation officielle vers la France avec le concours de l’Eurl Jura-Mont Blanc. Depuis 2015, des accords commerciaux sont intervenus avec différents acheteurs français : société coopérative Ethiquable et France miel. Au total ce sont près de 30 tonnes déjà exportées.

De 1.527kg en 2012, la production a dépassé 29.000kg en 2016. Si les huit mois de sécheresse en 2017 ont sévèrement affecté la production (chute de près de 80% et de 55% du parc des ruches), l’objectif sur la période 2018/2020 est de doubler leur nombre pour atteindre 1.500 ruches. 20 nouveaux apiculteurs sont attendus chaque année.

Manque de cohérence et de transparence dans la fiscalité

Malgré tous les chiffres extrêmement encourageants, les difficultés rencontrées par la coopérative demeurent nombreuses. La fiscalité, notamment, est très mal adaptée au monde coopératif. KTTF est assujettie à une TVA à 20% ce qui positionne très mal ses produits sur le marché local (où l’essentiel du miel provient du circuit informel). Les apiculteurs acceptent difficilement, en outre, d’acquitter des impôts (défiance vis-à-vis des dirigeants politiques). De même, la répartition des prélèvements obligatoires et autres ristournes aurait besoin d’être plus transparente.

Au-delà de ces problèmes fiscaux, le Ministère de l’Agriculture et de l’Élevage devra coordonner les différentes structures régionales qui interviennent sur la filière miel.

Lors d’une conférence dans le cadre de la Foire Internationale de l’Agriculture en septembre 2018 à Antananarivo, les représentants de l’AFDI de la région Auvergne-Rhône-Alpes n’ont pas manqué d’interpeller l’État malgache et les partenaires techniques et financiers sur l’urgence d’appuyer les structures coopératives qui prolongent l’activité des exploitations familiales sur leur territoire en le valorisant.

“La réussite de ce développement global est lié à la mise en place d’un climat d’affaires stable et prometteur” devait conclure Dany Gilbert Tsaramila, Président de la KTTF, au cours de cette conférence. La relance de la filière miel passera donc, comme pour tant d’autres filières, par la poursuite de la stabilité politique.

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