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Priorité à la sécurité alimentaire

Le Collectif TANY (collectif pour la défense des Terres Malgaches) va remettre en question le concept de « Madagascar, grenier de l’Océan Indien » lors d’un Colloque International de trois jours intitulé, « La redynamisation des Organisations Paysannes pour un développement rural durable ». L’événement qui se tient à Antananarivo, à compter de ce jour, dans les locaux de l’Ecole Supérieure des Sciences Agronomiques vise à accorder la priorité à l’auto-suffisance alimentaire.

 

Le collectif donnera une suite à ses réflexions en demandant aux décideurs d’éviter l’accaparement des terres malgaches. Parallèlement, il sera rappelé que la sécurité alimentaire de la population de Madagascar ne doit, en aucun cas, être lésée.

 

La sécurité alimentaire dépend de la préservation de l’environnement

La malnutrition reste encore un problème majeur dans la Grande-île. Selon la division Madagascar de Conservation International, 30 à 50% des Malgaches sont sous-alimentés (plus de 50% des enfants de moins de 5 ans souffrent de malnutrition infantile chronique). Ceci  est dû à de multiples facteurs : catastrophes naturelles, croissance démographique élevée, faible productivité et absence de  politiques économiques cohérentes. La sécurité alimentaire dans les pays en voie de développement comme Madagascar dépend largement de l’utilisation durable des ressources naturelles. La préservation des écosystèmes contribue fortement à la réduction de l’insécurité alimentaire. Malheureusement, ces écosystèmes sont fortement menacés par différentes pressions humaines : la déforestation, la conversion des zones humides en surfaces cultivées…

 

De grands desseins pour l’agri-business

Depuis quelques années, le gouvernement malgache a amorcé un programme pour pallier au manque de productivité agricole du pays. Le projet « Madagascar, grenier de l’Océan Indien », en continuité avec le PRESAN (Programme Régional pour la Sécurité Alimentaire et la Nutrition), vise à exporter les denrées alimentaires malgaches vers les îles de l’océan Indien et vers le monde entier. Le programme fut annoncé en 2016 pour la période 2017-2022 par la Commission de l’Océan Indien (COI). Par ailleurs, en 2017, pour attirer les investisseurs dans l’agri-business à Madagascar, l’EDBM (Economic Development Board of Madagascar), une agence rattachée à la Présidence de la République et financée par la Banque Mondiale, met en avant la location des terres (10 USD/ha/an d’après le communiqué du Collectif Tany), et les salaires des ouvriers à bas prix (salaire minimum mensuel 70 USD), mais aussi des exportations facilitées grâce aux nombreux accords signés entre l’Etat malgache et d’autres organisations régionales et internationales (COMESA, SADC,  AGOA…).

 

Le Collectif Tany défend la primauté de la population

Les exportations ne se limitent plus aux épices ou aux fruits de mers car il est envisagé également de commercialiser des produits essentiels à l’alimentation générale de la population, comme le riz. Ces exportations commencent à répercuter des conséquences sur le marché national. L’augmentation des exportations de riz et autres denrées est une des causes de la hausse des prix sur le marché local. Le Collectif TANY réitère donc sa demande de mettre à la disposition du grand public la totalité du document «Initiative pour l’Emergence de Madagascar» (IEM), ainsi que sa concrétisation en termes de Politique Générale de l’Etat déclinée dans chaque ministère. L’objectif de cette démarche est d’étudier puis de prioriser les besoins de la population avant l’exportation en masse.

 

Le colloque organisé par le Collectif Tany vise à encourager les paysans à continuer la pratique de la pluri-culture afin de les sécuriser de façons financière et alimentaire. L’organisation ne cherche pas à empêcher l’exportation et l’agro-business, mais des projets de l’envergure de « Madagascar, grenier de l’Océan Indien », doit être le fruit d’une large concertation et d’une étude approfondie en termes d’impacts. Les nouvelles autorités malgaches soucieuses du développement économique rapide ne doivent pas, pour autant, oublier les besoins primaires d’une population largement démunie. Atteindre l’auto-suffisance alimentaire doit précéder les ambitieux objectifs internationaux.

 

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