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L’Alliance pour l’industrialisation durable s’alarme

L’Alliance pour l’industrialisation durable est composée de deux organisations patronales (le Syndicat des Industries de Madagascar et le FIVMPAMA), de deux plateformes syndicales et du Cercle de Réflexion des Economistes de Madagascar. Dénonçant la stagnation économique et la paupérisation croissante du pays, l’Alliance vise à influer les orientations de la politique économique afin de favoriser un développement durable, bénéficiant aussi bien aux entreprises qu’aux employés, de l’industrie malgache.
Un deuxième baromètre aux résultats accablants
Un sondage-baromètre sur le ressenti du climat des affaires et les problèmes de l’industrie, auprès des industriels et des employés, est régulièrement publié par l’Alliance.
Ce lundi 19 novembre dans le cadre de l’hôtel Colbert, les représentants de l’Alliance ont publié leur deuxième baromètre (après celui de juillet 2018). Les résultats sont, sans surprises, extrêmement médiocres et ont eu tendance à se dégrader au cours des derniers mois. Sur une échelle de zéro à cent, le climat des affaires est noté 30 et donc bien en dessous d’une moyenne acceptable. De l’insécurité au coût de l’énergie en passant par la concurrence déloyale des importations aussi massives qu’informelles, tous les maux ont été passés en revue et jugés préoccupants par 2/3 à 3/4 des industriels.
Totalement Insatisfaits des « mesurettes» prises par l’État ces derniers mois (toujours incapable de mettre en vigueur la loi sur le développement industriel de Madagascar), l’Alliance pour l’industrialisation durable a lancé toute une série de revendications qui sont autant de cris d’alarme, voire de menaces, à l’adresse des futurs dirigeants du pays.
Des revendications légitimes et vitales
Voici, publiées in extenso, les revendications à court terme de l’Alliance pour l’industrialisation durable.
1. Nous réclamons un consensus national autour de la nécessité de l’industrialisation et que toutes les forces politiques de la nation affirment qu’il ne peut avoir de développement sans industrialisation. Cette priorité devrait être exposée dans la Politique Générale de l’Etat.
2. Pour la mise en oeuvre d’une véritable industrialisation, nous réclamons un Ministère d’Etat en charge à la fois de l’industrie, du secteur privé, du commerce et de l’artisanat doté des moyens adéquats.
3. Nous réclamons la mise en oeuvre urgente de la Loi pour le Développement Industriel (LDI), notamment la mise en place de l’Agence Nationale pour le Développement Industriel (ANDI) et le Fonds National pour le Développement Industriel (FNDI).
4. Nous réclamons que l’ANMCC (Autorité Nationale des Mesures Commerciales Correctives) ait un pouvoir de sanction afin de mieux lutter contre les importations sauvages et illégales qui inondent les marchés malagasy.
5. Nous revendiquons un Dialogue Public Privé (DPP) sincère et crédible, avec la volonté réelle de prendre des mesures pratiques immédiates pour solutionner les doléances du secteur privé.
6. Nous réclamons la mise en place du Conseil Economique, Social et Culturel comme spécifié dans la Constitution afin de garantir un dialogue social entre l’Etat, le patronat et les syndicats des travailleurs.
7. Nous réclamons que l’Etat s’engage à conduire une politique d’augmentation du pouvoir d’achat des Malagasy. Ainsi nous recommandons une augmentation du SMIG au-delà du taux d’inflation et prenant compte l’augmentation de la productivité.
8. Nous réclamons de manière urgente le bilan et l’assainissement des zones et entreprises franches dans un cadre entièrement transparent, afin de réduire la concurrence déloyale découlant de l’abus du statut de ZEF par certaines entreprises.
9. Nous réclamons une surtaxation à l’exportation (ou l’interdiction complète) de toute exportation de matières premières malagasy non-travaillées. Afin de créer des emplois et d’accélérer l’industrialisation, une exportation ne doit être permise qu’à partir de 25% de création de valeur ajoutée 2

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