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La Corée du Sud monte au créneau

L’Ambassade de la République de Corée a organisé ce mercredi 14 novembre dans le cadre de l’hôtel Colbert, une séance d’information sur le Fonds Coréen pour la Coopération et le Développement Economique (EDCF Korea). SEM LIM Sang-woo, Ambassadeur de la République de Corée, dans son allocution de bienvenue, en malgache et français, a insisté sur le fait que « la Corée, ancien pays pauvre, voudrait être le partenaire de Madagascar et faire bénéficier ce pays de son expérience ».
La Corée du Sud peut effectivement et très légitimement se prévaloir d’une réussite réelle en ce qui concerne son développement. Ce qui est aujourd’hui la 11ème puissance mondiale a vu son PIB par habitant multiplié par 300 % depuis le milieu des années 50 pour atteindre aujourd’hui 32.775 US $. Soit sensiblement 100 fois plus que Madagascar qui dispose pourtant d’atouts économiques bien supérieurs… La seule entreprise Samsung, créée en 1938 mais qui a décollé à la fin des années 90 après avoir investi massivement dans le secteur de la recherche et du développement, réalise un chiffre d’affaires 20 fois supérieur au PIB de Madagascar. Le seul bénéfice de Samsung représente plus du double du PIB malgache (22,5 milliards d’US dollars contre 11 milliards d’US dollars). Il est vrai qu’en amont, la République de Corée avait investi également massivement dans l’éducation…
Présentation du « bras armé » financier
L’objectif essentiel de l’invitation était de présenter la Korea Eximbank (Export-Import Bank of Korea) qui depuis 1987 a financé (ou co-financé avec des organismes internationaux) 385 projets dans 54 pays pour un total de ses engagement propres de 15 milliards d’US $. L’Asie représente 67 % de ces engagements et l’Afrique 22 %. C’est essentiellement en Éthiopie et Tanzanie, mais aussi plus récemment au Kenya, que la Korea Eximbank est impliquée. Jun Si-duk, le représentant chef de la Korea Eximbank pour l’Afrique, en poste à Addis-Abeba, et dont c’était la première visite à Madagascar a affirmé d’emblée sa « volonté que l’institution apporte sa contribution au développement de Madagascar et ce, d’autant plus, que nous prévoyons d’augmenter nos engagements en Afrique de +30% jusqu’en 2020 par rapport à la période précédente (2012 – 2016) ».
Les procédures d’accès aux prêts de la Korea Eximbank ont été largement détaillées. On retiendra que les projets doivent être identifiés par les pays demandeurs et que les protocoles d’accord sont signés conjointement par les gouvernements et par l’intermédiaire des Ministères des Finances. Si les prêts consentis sont à des taux très bas (entre 0,01 % et 2,5 %) et sur des période qui peuvent atteindre les 40 ans, les sociétés coréennes doivent être majoritaires dans la réalisation des projets concernés. Les projets sont donc garantis par les gouvernements demandeurs ou leurs Banques Centrales.
Appel à la transparence et la stabilité politique
Tout au long de la présentation il a été fait, sans cesse, allusion à la notion de transparence notamment dans les appels d’offres qui, bien que concernant essentiellement des sociétés coréennes, doivent être émis au sein des pays concernés par les projets. De nombreux intervenants (bureaux d’études, consultants…) et sous-traitants locaux étant également impliqués dans les projets.
Les secteurs dans lesquels Madagascar pourrait faire appel à l’appui en finances et expertises coréennes sont extrêmement variés puisque les engagements de la Korea Eximbank sont ainsi répartis : transport (40 %), eau (16 %), Santé (11,6 %), énergie (8,6 %), éducation (6,6 %)…
A noter que Madagascar a déjà bénéficié d’un prêt (à 0,01 %) de 14,2 millions d’US $ pour la réhabilitation de la RN35 (province de Tuléar). Comme tous les projets financés par la Korea Eximbank, il s’agissait d’un financement à hauteur de 100 % du projet.
Cet appel à projets et coopération émanant de la République de Corée n’est sûrement pas anodin au moment où plusieurs candidats à l’élection présidentielle ont annoncé une politique de grands travaux en citant parfois des entreprises… chinoises avec lesquels ils auraient déjà contracté des pré-engagements… Espérons que la rigueur coréenne qui prône la transparence, la bonne gouvernance mais également le financement de projets réellement structurants (qui doivent être approuvés par le gouvernement coréen) n’effraient pas la partie malgache réputée pour ne mobiliser que très faiblement ses ressources et n’identifier que très peu de projets : hormis ceux, peu transparents, où quelques dérives sont «tolérées»…

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