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IEM J2, Du riz aux infrastructures

La première conférence de la deuxième journée du forum économique « Initiative Emergence Madagascar » le vendredi 25 mai (lire par ailleurs) portait sur la problématique de la sécurité alimentaire. Entre 30 et 50% des malgaches sont sous-alimentés dans un pays où des milliers d’hectares restent disponibles ! Il suffirait d’augmenter de 1 tonne par hectare la production de paddy (riz non décortiqué) pour combler le gap des besoins, ont le plus simplement du monde rappelé les interlocuteurs rwandais, sénégalais ou français. Cet objectif, à portée de main, est en réalité très éloigné. Pour augmenter les rendements agricoles il faut des paysans bien formés (les 2/3sont illettrés) cultivant des surfaces dont le foncier est sécurisé afin qu’ils puissent y investir que ce soit en petit matériel, système d’irrigation ou même engrais. La sécurité foncière qui bloque le développement du secteur agricole enrichit trop « d’élites » (dès potentats locaux qui s’approprient impunément des terres aux importateurs de riz) pour qu’il soit illusoire d’assister à une «révolution verte» à court terme.
Des engagements internationaux jamais respectés
Relevons que Madagascar est signataire de la déclaration de Malabo (2014) où les états s’étaient engagés à consacrer 10 % de leur budget à l’agriculture. Madagascar fait partie des pays qui ont le moins respecté ces engagements : 2 % seulement du budget est consacré à l’agriculture. La productivité agricole augmente dans la quasi-totalité des pays africains sauf… à Madagascar… Voilà pour la partie « sécurité alimentaire » dont on déduit des interventions que, longtemps encore, plus de la moitié des enfants de moins de cinq ans seront malnutris.
Sur le thème des ressources naturelles il a été surtout question des mines et des ressources halieutiques. Passons sur les chiffres qui démontrent que l’essentiel des ressources minières (or et pierres précieuses notamment) sont impunément pillées (au moins 80 % des saphirs du pays sortent illégalement privant l’État d’une manne fiscale) pour relever que Madagascar, encore une fois, figure en bas de tableau des pays qui tentent d’améliorer la gouvernance des ressources extractives. Ceux qui, aux premières loges de l’assistance, se sont enrichis de manière éhontée en détournant, notamment une grande partie de la production aurifère du pays, n’ont guère dû être surpris de cette triste réalité… Des intervenants zélés ont tenté de remettre en cause la fiscalité liée à la loi sur les grands investissements miniers démontrant ainsi, par leurs discours populistes, leur totale méconnaissance des réalités internationales. Ils furent heureusement remis à leur place par des experts internationaux.
On aura appris que les malgaches ne consomment que 2 kg de poisson par an et par habitant quand la norme internationale est de 20 kg : grande diversité mais faible abondance des ressources qui s’amenuisent à cause d’une mauvaise gestion, problèmes d’énergie et de chaîne du froid, état des routes…
Rappel des priorités pour attirer les investissements
De la dernière conférence sur le thème des investissements on retiendra l’intervention de Monsieur Philippe Penouty, DG de Socolait, qui a affirmé avoir pu entreprendre à Madagascar sans rencontrer de problèmes majeurs. Cet investisseur satisfait rappelant que pour attirer des investissements, il convient d’assurer la stabilité, de respecter des règles de bonne gouvernance et d’offrir une vision économique.
En fin de séance, eu lieu une projection surréaliste des réalisations, à travers le globe, du leader chinois du BTP et chemin de fer dont des représentants se trouvaient dans la salle. Surréaliste, car avant les centres de conférence ou autre autoroute il faudra construire des écoles et des dispensaires, entretenir les pistes ou désensabler les Pangalanes….
En résumé, les six conférences sur les deux journées ont été de bon niveau mais se sont davantage évertuées à établir des bilans et constats qu’à formuler des recommandations. On retiendra que le pays a besoin d’être entièrement reconstruit et que, en supposant que les premières réformes interviennent rapidement, les trois prochaines générations n’y suffiront sûrement pas.

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