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IEM J1 : Femmes et bonne gouvernance

Trois conférences inauguraient le forum international  “Initiative Emergence Madagascar »(lire par ailleurs). La première posait pour problématique la transition énergétique qui répond aux besoins du pays. Il a surtout été évoqué l’électrification en milieu rural grâce au recours à l’énergie solaire. Peu de recommandations pour tenter de sauver la compagnie nationale d’eau et d’électricité (JIRAMA) dont les déficiences, outre le fait qu’elles pèsent lourdement sur le budget de l’état, limitent considérablement l’attractivité du pays. La seconde conférence s’est penchée sur la place de la femme malgache dans la société et dans l’économie.

Education et autonomisation des femmes

Le regard porté par la société malgache sur la femme a été décortiqué. Pour les malgaches, la femme assume avant tout un rôle social : celle d’éduquer la postérité. C’est pour cela que de nombreuses filles sont encore victimes de déscolarisation alors qu’on leur confie un rôle d’éducatrice… Les femmes participent cependant de plus en plus à la vie économique. Plus de 50% de la population malgache sont des femmes et il est donc crucial de projeter  l’éducation des filles en tant que priorité. Il en est de même en ce qui concerne la construction et l’aménagement des infrastructures scolaires et la formation professionnelle où les femmes doivent trouver leur juste place.

Au cours de cette conférence, 4 femmes entrepreneures ont partagé leur parcours. Pour elles, l’entreprenariat est entravé par l’absence d’accompagnement technique, le manque de soutien institutionnel et les problèmes d’accès au financement. Astou Dia, Directrice Adjointe du cabinet Dalberg en Côte d’Ivoire et spécialiste du genre, souligne que de nombreux pays africains œuvrent pour l’autonomisation et l’inclusion financière des femmes. Ceci pour leur permettre de libérer leur potentiel et de contribuer à l’économie du pays. Madagascar doit suivre cet exemple.

Recadrer la lutte contre la corruption

La première journée d’Initiative Emergence Madagascar s’est terminée par une conférence sur la bonne gouvernance. Le pays a encore beaucoup d’efforts à consentir afin d’assurer une gestion transparente et responsable de ces ressources. Faut-il rappeler que la corruption envenime la vie sociale, économique et politique. Selon l’Indice de Perception de la Corruption 2017 de Transparency International, Madagascar est à la 155ème place sur 180 pays. Pour les différents intervenants, la bonne gouvernance va de pair avec la lutte contre la corruption. Différentes solutions ont été avancées : transparence et accessibilité des données, dématérialisation des services gouvernementaux, politique de méritocratie…

L’approche moralisatrice dans la lutte contre la corruption devrait être remplacée par des incitations et des changements de comportements. « La corruption qui sévit à Madagascar n’est pas une question morale, mais une question économique » souligne Sahondra Rabenarivo, membre de l’Observatoire de la Vie Publique (SEFAFI). Richard Randriamandranto, Expert en Gouvernance et intelligence économique affirmant que la mise en place d’une loi ne suffit pas à mettre fin au fléau de la corruption. L’Etat et les citoyens doivent renouer une confiance mutuelle. Cela ne se décrète pas mais est un mouvement d’ensemble qui devra perdurer sur des décennies pour porter ses fruits.

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