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Classements internationaux: parmi les derniers de la classe

Madagascar, qui figure toujours parmi les cinq pays les plus pauvres de la planète, voit inexorablement, d’année en année, son classement élaboré par les grands organismes internationaux se dégrader.

Classement Doing Business

Le classement Doing Business mesure la réglementation des affaires. Les économies sont classées, par la Banque Mondiale, selon leur propension à faciliter les affaires, et notées de 1 à 190. Un classement de la facilité élevé signifie que l’environnement réglementaire est plus propice à la création et opérations d’une société locale.

Le classement s’appuie sur 10 critères. Le dernier classement a été élaboré en mai 2018. Madagascar figurent à la 161ème place, sur 190 pays, au niveau du Soudan en guerre (162ème) ou des Comores (164ème). Loin, très loin, derrière l’île Maurice 20ème. Le score de Madagascar est de 48,89 soit en dessous de la moyenne. 51,61 est la note moyenne obtenue par l’Afrique subsaharienne.

Satyam Ramnauth, Représentant de la SFI (Société Financière Internationale du groupe de la Banque Mondiale) n’avait pas hésité à déclarer que “des efforts restent insuffisants par rapport aux besoins d’attirer des investissements pour le développement du pays”. Le classement mesure l’écart de chaque économie par rapport aux meilleures pratiques mondiales observées tant du point de vue du cadre juridique, par exemple, que des pratiques et réglementations commerciales. Madagascar figure donc parmi les pays les moins sécurisés et les moins attrayants pour les investisseurs étrangers et ce, malgré ses opportunités, si souvent citées. Si l’amélioration de l’accès au crédit ou la réduction des coûts d’obtention d’un permis de construire ont pu être mieux notées par rapport à l’année précédente, l’état des infrastructures (dont accès à l’électricité 185ème sur 190) ainsi que la corruption généralisée et particulièrement celle qui touche la justice pénalisent lourdement la Grande-île dans ce classement de référence.

Indice Mo Ibrahim

Le dernier indice Mo Ibrahim (du nom d’un riche entrepreneur Anglo-Soudanais du domaine des télécommunications) qui concerne la gouvernance africaine a été publié le 29 octobre 2018. Fondée en 2006, la fondation Mo Ibrahim se concentre sur le rôle essentiel du leadership et de la gouvernance en Afrique, en proposant des outils visant à les améliorer. La fondation ambitionne de contribuer aux changements positifs du continent.

Madagascar figure à la 33ème place (sur 52 pays). Une note de 48,2/100 en dessous, une fois de plus, de la moyenne africaine qui est de 51,5. Si le niveau global de gouvernance sur le continent africain a sensiblement progressé ces cinq dernières années, ce ne fut pas le cas à Madagascar. Tous les indicateurs (sécurité et État de droit, participation et droits de l’homme, développement économique durable, développement humain) sont à la baisse depuis dix ans. On notera cependant qu’après une sévère régression au cours des années 2009/2010, les critères ont eu tendance à stagner voire remonter sensiblement : cas de la “sécurité et État de droit” qui demeure, néanmoins, à un niveau plus faible qu’au début des années 2000…

Indice de Développement Humain (IDH)

Cet indice mesure la qualité de vie moyenne des populations. Santé (espérance de vie…), scolarisation (taux d’analphabétisation, taux de fréquentation scolaire…) et standards de vie (PIB per capita…)  en sont les principales dimensions du développement humain qui entrent dans son calcul. Les notes sont évaluées entre 0 et 1. Aussi surprenant que cela puisse paraître, l’IDH de Madagascar, qui demeure faible, a légèrement progressé et de manière quasi constante depuis 2002. Même la crise de 2009 semble ne pas l’avoir affecté même si son évolution a été très nettement ralentie depuis cette date.

En 2017 la valeur de l’IDH Madagascar est de 0,52 (en dessous de la moyenne de l’Afrique subsaharienne) au niveau de la désertique Mauritanie.

CPIA de la Banque Mondiale

La note globale de l’évaluation de la politique et des institutions nationales (CPIA) est comparable à celle de la moyenne des pays de l’Afrique subsaharienne. En 2013, cette note était de 3 sur une échelle de 1 à 6. On relèvera que la gestion économique (politique monétaire, politique financière et gestion de la dette…) est plutôt un point fort (3,5). Les politiques structurelles se situent au-dessus de la moyenne (3,2). Par contre, la gestion et institutions du secteur public (respect de l’État de droit, qualité de l’administration publique, corruption du secteur public…), constituent un critère moins bien évalué que dans le reste de l’Afrique subsaharienne (2,5). La politique d’insertion sociale et d’équité est noté 2,9. Si le score CPIA de Madagascar s’est amélioré, il reste encore loin derrière celui des pays les plus performants en Afrique.

Le PIB par habitant, en parité de pouvoir d’achat constant, a régressé de plus de 15% depuis 1990. Malgré tous ces indicateurs qui révèlent une situation, parfois alarmante, Madagascar continue de jouir d’un capital “sympathie” important. Les investissements qui paraissent souvent irrationnels sont fondés, bien souvent, sur des critères difficiles à mesurer et qui n’ont rien de comparables avec les classements du pays.

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