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Usine textile à Madagascar
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Afrique 2019 : de bonnes perspectives économiques

Le rapport du groupe de la Banque Africaine de Développement, publié dernièrement, l’affirme : la situation du continent est bonne. La croissance économique africaine devrait s’accélérer dans les années à venir et atteindre 4 % en 2019. Reste que ce développement est loin d’être inclusif (notamment en terme d’emplois) et présente de grandes disparités suivant les pays.

La zone de libre-échange continentale est un enjeu majeur

Le rapport « Perspectives économiques en Afrique 2019 » insiste sur le rôle essentiel de l’industrialisation et l’incontournable, aux yeux de la BAD, mise en place de la zone de libre-échange continentale (ZLEC). Signé en mars 2018 par 44 pays africains, dont Madagascar, l’accord de libre-échange continental pourrait « booster » les économies africaines grâce à l’élimination de tous les tarifs bilatéraux appliqués en Afrique. Les industriels malgaches, en position de faiblesse concurrentielle, s’opposent à la levée de toutes les barrières tarifaires et non tarifaires sur la circulation des biens et des services. Il semble cependant que le train soit déjà en marche et que l’accord sur la facilitation du commerce de l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce) afin de réduire le temps de transit des marchandises lors du passage des frontières ainsi que le coût des transactions lié aux mesures non tarifaires, soit inéluctable. Madagascar, comme quelques autres PMA (Pays les Moins Avancés) prend le risque de rester sur la touche et de se priver de l’immense marché continental de proximité. Reste à préciser que la ZLEC n’aurait un réel impact sur l’économie du continent que si les règles d’origine sont simples et transparentes

L’industrie, premier bénéficiaire de la ZLEC

La mise en place progressive de la zone de libre-échange pourrait bénéficier en premier lieu au secteur industriel. Il y a urgence car la désindustrialisation de l’Afrique est une triste réalité. En outre, le développement du secteur industriel ne présente pas une garantie absolue de création d’emplois, tout au moins dans les mêmes proportions. Il est à noter que le rapport de la BAD relève que ce sont surtout les très grandes entreprises qui peuvent bénéficier, en premier lieu, de la ZLEC et y être également les plus forts pourvoyeurs d’emplois. La population actuelle africaine devrait augmenter de près de 40 % d’ici 2030. Si les tendances actuelles se maintiennent ( sans une croissance plus favorable à l’emploi) ce sont, à cette échéance, 100 millions de jeunes Africains qui seraient sans emploi. Situation qui deviendrait éminemment explosive. Outre la levée des barrières tarifaires, il faudrait améliorer sensiblement le niveau des infrastructures, des performances de l’administration ou de celle… de la lutte contre la corruption.

Le rapport du groupe de la BAD est extrêmement complet et s’il ne s’agit, en aucun cas, de remettre en cause ses conclusions on pourra noter le peu de place accordé au secteur agricole. Pour plusieurs décennies encore le monde rural sera pourtant celui qui fournira, particulièrement en Afrique, le plus grand nombre d’emplois. Ceux-ci concernent certes, pour l’essentiel, le secteur informel mais il présente l’intérêt de maintenir à flot des populations en état d’urgence quotidienne. Ce rapport semble prôner une économie libérale essentiellement favorable aux grands groupes Industriels. L’économie de marché n’a cessé pourtant d’accroître les inégalités dans le monde au cours des dernières décennies. En ce qui concerne la ZLEC, sans vouloir remettre en cause son intérêt, on remarquera que les grands accords économiques internationaux sont en train d’être démantelés et que même au sein de l’Union Européenne certaines grandes nations s’en détachent.

En Afrique, il conviendra de réduire considérablement le poids des réseaux mafieux (exemple de collusion entre grands groupes miniers et dirigeants étatiques) avant d’envisager toute forme de développement inclusif.

 

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