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Le Goticom s’alarme

Face au départ massif à l’étranger d’ingénieurs en Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication (NTIC), les opérateurs du secteur interpellent l’administration générale. Regroupés au sein du GOTICOM (Groupement des Opérateurs des Technologies de l’information et de la Communication), ils crient au pillage des ressources intellectuelles.

Le GOTICOM vient de tenir une conférence de presse pour dénoncer le « pillage des ressources intellectuelles en informatique à Madagascar par les pays francophones. »En effet, les membres de ce groupement se plaignent que des opérateurs étrangers dans les NTIC provenant essentiellement de la France, de l’île Maurice et du Canada viennent dans la Grande-île pour recruter massivement les ingénieurs en informatiques malgaches, réputés mondialement pour leur compétence, et les emmenent travailler à l’étranger. « Nous ne sommes pas contre la mobilité. Par contre, nous dénonçons cette exportation à outrance de nos ingénieurs », s’offusque sans détour Jean-Luc Rajaona, Président du Goticom.

Si le Goticom tire la sonnette d’alarme, c’est parce que cette fuite massive de cerveaux cause d’énormes torts au secteur des NTIC à Madagascar, mais également à d’autres secteurs et même à la fonction publique.  Le Président du groupement note que ce« pillage » engendre une perte évaluée dans les 10.000 de dollars par an et par opérateur.. « Au lieu d’implanter leur société dans la Grande-île et, ainsi, procurer de la valeur ajoutée au secteur malgache des NTIC, ils nous privent de nos ingénieurs. Cette exportation de nos ressources intellectuelles affaiblit l’économie malgache et participe à l’appauvrissement globale du pays », regrette Ardile Pierre-Paul, de la société E-Tech. « Ces chasseurs de têtes poussent nos techniciens à démissionner de chez nous du jour au lendemain. Du coup, les produits que nous devons rendre à nos clients sont retardés. Ce qui nuit aux partenariats avec nos clients », regrette le patron d’E-Tech.

Méthodes déloyales

Malgré l’Accord de Partenariat Economique (APE) entre Madagascar et l’Union Européenne, les membres du Goticom trouvent que le secteur des NTIC ne bénéficie  d’aucune protection. Il semble que la France, pourtant membre de l’Union Européenne, autorise ce « pillage »« Avoir un visa pour la France est difficile, sauf pour les ingénieurs en informatique qui y partent pour y travailler », note le Président du groupement, soulignant que ce sont les méthodes de recrutement des chasseurs de têtes qui posent problèmes. En outre, il est regrettable qu’arrivés là-bas, les Malgaches ne sont pas mis sur le même pied d’égalité que les autres ingénieurs. Ils sont moins bien rémunérés alors que leurs profils et compétences sont identiques.

La Grande-île compte environ 15.000 ingénieurs en NTIC. Les écoles, notamment l’ESTI, sortent tous les ans environ 600 (seulement) jeunes ingénieurs. « Pourtant, entre 500 et 1.000 par an partent à l’étranger pour y rester. Pour le Maroc qui produit annuellement 20.000 ingénieurs, le tort causé par les 7.000 départs enregistrés tous les ans ne semblent pas énorme. Ce qui n’est pas le cas pour nous », souligne Jean-Luc Rajaona. Les membres du Goticom affirment que dans la Grande-île, ce ne sont pas les postes à pourvoir qui manquent mais les candidats. C’est pour cela que les opérateurs des NTIC à Madagascar appellent les sociétés étrangères à venir s’installer dans la Grande-île.

En Europe, le salaire moyen d’un ingénieur varie entre 3.000 et 5.000 euro selon le nombre d’années d’expérience. Les chiffres semblent alléchants, mais avec les loyers et autres charges à payer, nos jeunes expatriés se retrouvent sans économie. « Pourtant, à Madagascar, les ingénieurs du TIC gagnent deux fois, voire trois fois plus que les ingénieurs des autres secteurs, tels le bâtiment ou l’agriculture», affirme Jean-Luc Rajaona. A noter que dans la Grande-île, en trois ans, une hausse des salaires de l’ordre de 50% a été enregistré et cette augmentation tend à s’affirmer. Malgré cela, le départ des jeunes malgaches bien formés s’accélère.

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