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La coopération avec le Ghana renforcée

Réaménagement de la diplomatie économique par Maurice d’un côté et de l’autre, la migration du Ghana vers un modèle économique plus axé sur la production industrielle. Maurice et le Ghana ont, semble-t-il, trouvé la formule pour la mise en place d’une nouvelle approche en matière de coopération entre pays de l’hémisphère Sud.

«C’est au tour du secteur privé de Maurice et du Ghana de jouer.» Comme un seul homme, le ministre mauricien des Affaires étrangères, Vishnu Lutchmeenaraidoo, et le vice-président du Ghana, Mahamudu Bawumia, ont estimé que les gouvernements respectifs ont créé des conditions suffisantes pour renforcer les rapports économiques entre les deux pays. Cela, à l’issue d’une rencontre avec des opérateurs à l’hôtel Westin, Balaclava, hier matin.

«Avec la signature d’un accord sur la non-double imposition, la protection des capitaux et la mise en place d’un traité bilatéral en matière d’investissement, les espaces requis ont été créés pour que les deux pays fassent la démonstration de leur volonté à s’impliquer davantage dans ce processus de coopération», explique R. Yofi Grant, Chief Executive Officer du Ghana Investment Promotion Centre, l’équivalent du Board of Investment, organisme chargé d’attirer les investissements étrangers à Maurice.

L’appel du pied lancé en direction des opérateurs du privé résulte de la confluence de l’orientation économique adoptée par Maurice et par le Ghana respectivement. R. Yofi Grant se dit confiant que les hommes d’affaires mauriciens ne resteront pas insensibles à ces appels.

«Bien avant de fouler le sol mauricien, 71 hommes d’affaires de Maurice se sont fait enregistrer auprès du Ghana Investment Promotion Centre. Notre délégation comprenait 25 hommes d’affaires opérant notamment dans les secteurs des technologies de l’information, de l’immobilier, du textile, de la production du sucre, de l’infrastructure, le secteur manufacturier et le tourisme. Nous mettons à la disposition des hommes d’affaires mauriciens l’accès au potentiel du marché de l’Afrique de l’Ouest et les ressources humaines dont les Mauriciens ont besoin. Ce qui devrait contribuer à faire de la renaissance économique de Maurice une réalité.»

Maurice a opté pour une remise à niveau de l’agressivité de sa diplomatie économique. Celle-ci a pour but d’exploiter le potentiel des trois piliers de la nouvelle économie que sont l’économie bleue, le port de Port-Louis dans le cadre de sa transformation en un hub de services maritimes régional et une plus grande ouverture vers le continent africain.

Commission mixte

Quant à l’approche en ce qui concerne le continent africain, elle a consisté à repérer le pays, en l’occurrence le Ghana, qui servira de porte-étendard de l’intérêt de Maurice pour le continent africain. L’institution d’une commission mixte permanente permettra la viabilité du processus de coopération car elle fera le suivi via un comité technique mixte de toutes les mesures prises.

Si la formule donne les résultats escomptés, elle servira de modèle pour monter d’autres projets de coopération avec une liste sélective de pays pairs tels que le Kenya, l’Éthiopie et le Sénégal. Alors que pour Maurice, l’essence s’articule autour du redressement de sa diplomatie économique désormais tournée vers une coopération Sud-Sud, pour le Ghana, l’heure est à la migration d’un modèle de développement basé sur les prélèvements fiscaux au mépris de la production à un modèle qui met l’accent sur la production industrielle, créatrice de richesses et potentiellement pourvoyeuse de revenus à l’État.

Le 2 mars dernier, lors de la présentation du premier Budget du nouveau gouvernement ghanéen, Ken Ofori-Atta, le ministre des Finances, a annoncé l’abolition et/ou la réduction de 17 mesures fiscales. Il y a eu l’abolition de la taxe sur la valeur ajoutée et de la taxe perçue pour renflouer la caisse de l’assurance-maladie nationale à quatre secteurs d’activités économiques, à savoir le secteur financier (17,5 %), une liste sélective de médicaments importés et qui ne sont pas produits localement (17,5 %), les billets d’avion sur les lignes intérieures (17,5 %) et l’immobilier (5 %). Cet impôt passe de 17,5 % à 3 % pour les commerçants.

L’abolition de la taxe douanière sur les pièces de rechange et celle des droits d’accises sur les produits pétroliers, l’exemption d’impôt sur le retour sur les investissements (dividendes, plus-values) dans les actions des sociétés cotées à la Ghana Stock Exchange ou dans les actions des sociétés publiques répertoriées sur le registre de la Securities and Exchange Commission sont aussi prévus. Autre mesure budgétaire susceptible d’attirer des investisseurs est le pro- gramme d’industrialisation du pays, à raison d’un minimum d’une société industrielle dans chacun des 216 districts du Ghana.

lexpress.mu

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