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Vie chère : un projet de loi contesté

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A La Réunion, le projet de loi contre la vie chère outre-mer, débattu le mercredi 10 octobre 2012à l'Assemblée nationale, est accueilli avec un certain scepticisme par les responsables associatifs et socio-professionnels qui lui reprochent de ne pas s'attaquer aux " vrais problèmes".  Ce texte défendu devant le Parlement par le ministre des Outre-mer Victorin Lurel et qui fait l'objet d'un relatif consensus (l'UMP ne s'y oppose pas) est présenté par le gouvernement comme "une régulation intelligente" de l'économie, afin de faire baisser des prix entre 30 et 50% plus chers que dans l'hexagone.

A La Réunion, théâtre de violentes émeutes contre la vie chère en février dernier, les critiques les plus virulentes contre le projet de loi sont venues du patronat local qui a accusé le gouvernement de se tromper de combat.  "Il y a sûrement des choses à faire sur le coût de la vie, mais la priorité c'est l'emploi", a déclaré Maurice Cérisola, président de "La Réunion économique" qui regroupe notamment le Medef et plusieurs syndicats patronaux.

Il suggère d'écarter l'article qui risque, selon lui, "de remettre en cause les barrières réglementaires" entre la Réunion et les pays de l'Océan indien, estimant qu'il constitue une menace pour la production locale.  Pour le secrétaire général de la CGT-Réunion, Ivan Hoarau, le projet de loi "ne répond pas à l'urgence sociale", même si son objectif de mettre l'accent sur la formation des prix et la concurrence est "positif". "Mais sur un territoire insulaire restreint, on ne peut pas compter que là-dessus", a-t-il dit, prônant une "conférence sociale" qui aborde la question du chômage et des licenciements.

Rappelant que "la moitié de la population vit en dessous du seuil de pauvreté national", le PC réunionnais (qui n'a plus aucun député) a demandé de ne pas "dissocier les revenus de la politique des prix". Il a appelé mardi les députés de l'île "tous membres de la majorité" à déposer des amendements demandant une "majoration de 35% de tous les revenus", à l'instar du sursalaire que perçoivent les fonctionnaires au titre de la vie chère.  Même proposition ou presque, du côté de l'Association réunionnaise de lutte contre la pauvreté (ARCP), en pointe dans la lutte contre la vie chère, qui a réclamé une "prime de vie chère de 150 euros par mois pour chaque foyer réunionnais".

"On ne peut pas parler d'une loi contre la vie chère sans parler des revenus de l'ensemble de la population", a souligné son président Jean-Hugues Ratenon.  Marie-Christine Tizon, présidente de l'Observatoire des prix et des revenus, s'est dite "un peu surprise" que sa structure qui réalise un suivi des prix , depuis 2007, dans la grande distribution, ne soit "pas incluse dans le projet de loi". Elle s'est toutefois félicitée de la "bonne démarche du gouvernement en matière de concurrence et de transparence des prix".

Du côté des consommateurs réunionnais, la plupart des personnes interrogées par la presse ont affirmé vouloir juger sur pièce le projet de loi, espérant que la baisse de prix de 100 produits promise par le ministre des Outre-mer, ne soit pas "sans lendemain". Ils souhaitent que ce produits viennent en complément, et non en substitution, de la liste des 60 "produits solidaires" mis en place après les émeutes de février contre la vie chère dans toute l'île et dont la baisse a atteint jusqu'à 40%, faisant exploser leur vente.

Memento.fr

 
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