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Compétitivité: Maurice n’a pas de quoi s’enorgueillir

Compétitivité: Maurice n’a pas de quoi s’enorgueillir

L’inefficience de la bureaucratie gouvernementale et le manque de capacité pour accélérer le processus d’innovation seraient parmi les obstacles qui empêchent Maurice d’améliorer le niveau de sa compétitivité.

Maurice s’est imposée comme le n°1 en Afrique sub-saharienne par rapport au niveau de sa compétitivité. L’île traîne cependant une réputation qui risque de faire tache. En l’occurrence, la lourdeur de la bureaucratie gouvernementale et la réticence à recourir à l’innovation pour assurer sa survie économique dans un monde en perpétuelle mutation. C’est ce qui ressort de l’édition 2017-2018 du Global Competitiveness Report, du World Economic Forum, qui mesure le niveau de la compétitivité des pays et des économies. Maurice est à la 45e place sur 137 pays.

Mais… le manque d’efficacité et la bureaucratie occupe la première place sur la liste des obstacles qui empêchent le pays de disposer d’un environnement qui favorise la conduite des affaires. La note attribuée à ce facteur négatif est de 21,2 points. Les quatre autres principaux facteurs sont : le manque de capacité pour favoriser l’innovation (13,3 points), la non-disponibilité d’une main-d’œuvre formée et qui répond aux besoins des industries qui contribuent à améliorer le niveau de compétitivité du pays (11,8 points), la difficulté à accéder aux moyens de financement de projets (10 points) et le handicap occasionné par le manque d’infrastructure appropriée (9,8 points).

Cet état de choses est d’autant plus inquiétant que l’échelle de valeur établie dans le cadre du sondage réalisé par les experts du World Economic Forum oscille entre 1 et 5. Cependant, la limite de cette échelle a littéralement été repoussée à l’extrême en raison du poids que représentent ces facteurs de handicap pour la bonne conduite des affaires à Maurice. Le deuxième facteur n’en est pas moins important, en raison du rôle que joue l’innovation dans le lancement de nouvelles filières d’activités à forte valeur ajoutée.

«Futur incertain»

Le rapport du World Economic Forum met cependant l’accent sur un facteur qui mérite une attention particulière des autorités. Il s’agit des changements que les nouvelles technologies vont imposer aux habitudes acquises dans tous les domaines de la vie. Le rapport indique que ce phénomène de perturbation risque de s’amplifier davantage avec la convergence des technologies associées au numérique, au physique et à la biologie.

Le ton n’est toutefois pas alarmiste. «Ces technologies émergentes disposent d’immenses opportunités en termes de sources de croissance. Cependant leur futur est incertain. Un des plus importants défis consisterait à repérer les potentiels inhérents à ces nouvelles technologies de manière à ce qu’ils soient bénéfiques à l’ensemble de la société.»

Ramesh Caussy et Sudhir Sesungkur, ministre des Services financiers, sont parmi ceux qui ont récemment lancé des appels pour que le pays accorde plus et beaucoup d’importance à ces nouvelles technologies. Le premier est un Français d’origine mauricienne qui a fait une percée dans le domaine de la recherche technologique. Ses recherches lui ont permis de concevoir le robot Diya One capable de contribuer à la purification de l’air.

«Je fais partie de ses agents du changement, dit-il dans une entrevue parue dans l’édition de l’express du 15 septembre, qui pensent que le monde est important ; que Maurice fait partie du monde et que l’île ne doit pas se laisser ‘‘disrupter’’(perturbée). Cela tout simplement parce que les différents acteurs n’ont pas encore d’intérêts économiques assez importants pour opérer ce changement ou parce qu’ils n’ont pas encore formé la prochaine génération qui prendra le pouvoir.» Il devait dans cette même entrevue évoquer le risque d’être des laissés-pour-compte dans un monde où les technologies imposent leurs empreintes. «Dans ce monde de technologie, on peut rapidement devenir obsolète. Il est donc important qu’on puisse former les Mauriciens et qu’on leur fasse mesurer la portée de ces challenges et leur donner de vraies opportunités de travail.»

L’intervention de Sudhir Sesungkur, rapportée dans l’express du 21 septembre, a eu lieu dans le cadre d’un atelier de travail qui s’articulait autour de la création d’une Regional Fintech Association. «Nous assistons ces jours-ci à une situation où les technologies perturbatrices créent les conditions pour s’engager de plain-pied dans l’innovation en faisant de la technologie le moteur incontournable de cette révolution. »

Le ministre devait ensuite situer la place que l’innovation devrait jouer sur le plan économique. «Une économie basée sur l’innovation est la séquence logique d’une économie qui a déjà complété son cycle de développement dans le secteur des services (…). Il est grand temps que nous puissions nous appuyer sur les connaissances déjà acquises pour accélérer le processus d’innovation.»

lexpress.mu

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