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A la découverte de la mégafaune marine de Nosy Be

A la découverte de la mégafaune marine de Nosy Be

Les passionnés par l’observation de la mégafaune marine ont le choix à Madagascar : à l’Est du pays avec l’association « Cetamada » de Sainte Marie que nous présentions dans nos colonnes l’an dernier et à l’ouest, à Nosy Be avec l’association « les baleines Ass’eau » issue, comme à Sainte Marie, de la passion et de l’esprit d’entreprise. Focus sur cette association dirigée par trois jeunes français passionnés et passionnants.

Il faut les avoir connus dès 2012 pour bien saisir combien l’’abnégation, la passion et l’entrepreneuriat peuvent aboutir à de nobles actions. Au tout début en effet, Arthur Guillemain d’Echon, son frère Tanguy Guillemain d’Echon et Elina Sourisseau Goy (compagne de Tanguy) ont créé la SARL les Baleines Rand’eau en 2012. Objectif : emmener les touristes et résidents à la rencontre de la mégafaune marine de Nosy Be : baleines, dauphins, requins baleine, tortues… Alors que d’autres auraient investi des millions dans ce genre d’activité, les trois jeunes n’ont d’autre moteur que la passion et le goût du travail bien fait. Avant d’’autofinancer leur propre embarcation, ils louent au début des bateaux avec leurs équipages afin de démarrer cette activité pionnière à Nosy Be.
Un pari gagnant aux dires d’Arthur : « nous avons pu mesurer l’incroyable bio diversité de la zone et l’immense potentiel de recherches qu’elle présentait. Tandis que peu d’organismes scientifiques s’étaient profondément penchés sur tout ça, nous avons contacté et rencontré différents scientifiques afin de leur proposer des projets qui nous permettraient de mieux comprendre les différentes espèces maritimes croisant dans les eaux nosybéennes et les enjeux de leur préservation ».
Tout comme à Sainte Marie avec Cetamada, l’activité scientifique s’est développée parallèlement aux simples balades touristiques : « nous avons ainsi créé en 2016 une association, Les Baleines Ass’eau, qui a pour but « toutes actions concernant l’observation, la sensibilisation, l’amélioration des connaissances et la protection des cétacés, des requins baleine, des tortues et de la biodiversité marine dans son ensemble dans les eaux de Nosy Be et du canal du Mozambique. Nous travaillons en étroite collaboration avec le Centre National de Recherches Océanographique (CNRO) de Madagascar, situé à Nosy Be. »

Bien que se présentant comme des non scientifiques, Arthur, Tanguy et Elina dirigent cette association qui accueille des projets scientifiques et se porte garant de leur validité comme le précise Tanguy : « nous utilisons l’ensemble des sorties en mer de l’activité touristique pour prendre un maximum de données qui pourraient servir aux différents projets scientifiques que nous menons au sein de l’association ».

 

Deux volets : social et scientifique

Comme dans le reste du pays, la population de Nosy Be n’est pas du tout sensibilisée à l’environnement par les autorités. Des associations et ONG oeuvrent tant bien que mal à compenser cette carence du pouvoir central comme le fait « Les Baleines Ass’eau » au travers d’interventions dans les écoles, hôtels et résidences, sur différents sujets touchant à la connaissance et à la préservation du monde marin.
Chaque année depuis 2012, l’association organise un « Week end de la baleine » où se mêlent activités autour de ces géants des mers (conférences, diffusion de films, concours de dessins, sculptures sur sables…) et sorties gratuites pour les habitants de Nosy Be. Ainsi, depuis 4 ans, plus de 200 enfants et adultes ont pu partager des moments incroyables à la rencontre de ce monde qu’ils ignoraient jusque là.

Le volet scientifique permet aux membres de l’association de travailler sur 3 grands projets : le Global Fin Print,en partenariat avec le Dr Jeremy Kiszka, de la Florida International University (FIU) et la Wild Conservation Society (WCS).
Les baleines d’Omura, en partenariat avec le docteur Salvatore Cerchio, du New England Aquarium (NEAQ) et Boris Andrianantenaina (scientifique).
Enfin, le plus connu est sûrement le projet Requins Baleine en partenariat avec le docteur Jeremy Kiszka, de la Floride International University (FIU), le docteur Simon Pierce, de la Marine Megafauna Foundation (MMF) et Stella Diamant, scientifique en charge du projet (voir les liens à la fin de cet article pour plus d’informations)

Le mot de la fin pour Elina qui nous donne ses perspectives : « en 2017, nous allons donc poursuivre ces 3 projets tout en essayant d’en développer d’autres, notamment au niveau des tortues (vertes et imbriquées) dans la zone. De même, nous souhaitons développer l’association en engageant à temps plein un(e) coordinateur(trice) qui sera en charge de gérer l’association, de développer les différents partenariats scientifiques et de générer de nouvelles dynamiques au niveau social. » A suivre et à soutenir !

J.Rombi

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